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Danny
Steve est une fille pressée. Après avoir
réglé leur compte aux Feux de l’amour
en dix minutes, voici qu’elle s’attaque à la restitution
d’un tournoi de sumo. Cette fois, elle commence par poser la
scène : d’un côté (sur les pages gauches
de l’ouvrage) le public, de l’autre (à droite,
donc) l’aire de combat et les sumotoris.
À travers les masses, elle glisse son trait. Où se répètent
sans fin les gestes et les postures, elle recommence inlassablement
son dessin. Sous la rigidité du rituel, sous le poids des corps,
Danny Steve piste la mobilité, restitue le mouvement. Et en
effet, le livre s’anime. On suit les phases du combat, intrigués
et déjà fervents. Esquive, geste technique, poussée,
empoignade, chute : l’ouvrage prend des allures de flip
book, reprend son rythme, accélère encore... Côté
public défilent pêle-mêle aficionados,
présentateurs TV, publicités, sacs de shopping, images
de manga.
176 pages ont passé : Danny Steve n’a rien raconté
encore ni rien donné à comprendre du sumo. Dix minutes
c’est décidément trop court pour se prendre au
sérieux...
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un extrait
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Libération
Jipango |
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