| |
Camarades,
à présent je suis de droite est un livre de montage,
comme on le dit de certains films de cinéma. Il procède
par collage d’images entre elles, d’images avec des mots
ou avec des bouts de phrases. Des images, des phrases et des mots
toujours trouvés ailleurs, déjà faits par d’autres
et déjà vus avant que Juan Pérez
Agirregoikoa emprunte aux journaux, à la télévision,
aux magazines, et — à présent qu’il est
de droite et met de l’eau dans son vain — reproduit
avec la sensibilité, les infinies subtilités qu’autorise
la technique de l’aquarelle. Il s’emploie ainsi à
diluer les portraits, les mots d’ordre, les slogans, les héros
et l’idéologie d’aujourd’hui. Tout le monde
y passe : Jacques Chirac, Georges Bush, Nicolas Sarkozy, Spiderman,
Pinochet, Lara Croft, Arnold Schwarzenegger, Michael Jackson, Ariel
Sharon, Jean Baudrillard, Philippe Candeloro, Jean-Luc Delarue, Bernard-Henri
Lévy, Hulk, militaires et policiers..., dans un ordre qui se
refuse obstinément à être celui d’un discours.
C’est là précisément que Juan Pérez
Agirregoikoa reste un camarade. L’art que soutient sa technique
du collage est un art de la rupture, du tranchant, de la distance,
de la bêtise et de la grossièreté aussi : un art
marqué par une radicale disgrâce. Ce qui y compte, comme
en tout œuvre de montage, est moins à trouver dans les
pleins, dans les images elles-mêmes, que dans leurs creux, leurs
ratés, dans leur impossible jonction : dans la marge — cet
espace infime, cette béance par quoi elles tiennent entre elles,
et se défont aussi bien. voir
un extrait
Lire le compte-rendu de :
L’avis
des Bulles |
|